J'ai vécu à moins de 5 minutes à pied du quartier Saint-Henri à Montréal pendant 6 ans.
Pendant cette période, je traversais le quartier presque tous les jours pour aller à la salle de sport, dans les cafés, les bars et les restaurants, et pour rendre visite à des amis dans leurs lofts rénovés ou dans ces anciennes maisons ouvrières aux escaliers métalliques emblématiques.
Ces promenades quotidiennes, combinées à mon intérêt pour l'histoire locale, m'ont permis de vraiment saisir le caractère du quartier, ses contrastes, et la façon dont son évolution définit ce que signifie vivre à Saint-Henri aujourd'hui.
Dans cet article, je vais vous expliquer en détail ce que signifie exactement vivre à Saint-Henri. Plus précisément, j’aborderai les points suivants :
- Où se trouve Saint-Henri ?
- Quelle est l'histoire de Saint-Henri ?
- À quoi ressemble la vie à Saint-Henri aujourd'hui ?
- Données démographiques de Saint-Henri
- Les trajets domicile-travail à Saint-Henri
- Le quartier de Saint-Henri est-il sûr ?
- Comment sont les écoles à Saint-Henri ?
- Comment se porte le marché immobilier à Saint-Henri ? (4e trimestre 2025)
- Conclusion
Où se trouve St-Henri ?
Saint-Henri est situé au sud-ouest de Montréal, dans l'arrondissement du Sud-Ouest. Il est délimité par l'avenue Atwater à l'est, l'autoroute 136 au nord et le canal de Lachine au sud.
Quelle est l'histoire de Saint-Henri ?
L'histoire de Saint-Henri commence en 1685 lorsque Jean Talon, intendant de la Nouvelle-France, désigne ce secteur pour y implanter une nouvelle tannerie. Il s'agit d'un atelier où les peaux d'animaux sont nettoyées, traitées et transformées en cuir.
À l'époque, les tanneries étaient considérées comme des « métiers nuisibles ». Elles dégageaient de fortes odeurs, produisaient des déchets et présentaient des risques d'incendie. C'est pourquoi elles devaient être situées à l'extérieur des remparts de la ville et loin de la population. Elles devaient également être situées à proximité d'un cours d'eau pour le lavage des peaux.
Jean Talon a choisi le site qui s’appelle aujourd’hui Saint-Henri, car il se trouvait à l’extérieur des remparts de la ville et longeait la rivière Saint-Pierre. Cette rivière n’est plus visible, mais elle traversait autrefois ce qui est aujourd’hui Saint-Henri, la Petite-Bourgogne et la Pointe-Saint-Charles.
Au fil du temps, un ensemble de tanneries s’est développé le long de la rivière Saint-Pierre. Cet ensemble de tanneries qui a vu le jour le long de la rivière a donné au quartier son nom historique, « Les Tanneries ». On peut voir la rivière sur une carte ancienne de Montréal. Les Tanneries auraient été construites le long de cette rivière.

L'image ci-dessous montre la région telle qu'elle se présentait avant les années 1800. À cette époque, il s'agissait encore d'un village rural situé loin de la ville. Ce qui n'est aujourd'hui qu'un trajet de dix minutes en métro entre la place Saint-Henri et le centre-ville aurait, à l'époque, représenté un pénible voyage d'une demi-journée à pied ou en charrette.

La population des Tanneries s’est accrue et la communauté a fini par demander la création d’une paroisse catholique. Cette paroisse a été fondée en 1810 et dédiée à Saint Henri de Bavière. C’est de là que vient le nom de Saint-Henri.
L'industrialisation et le canal de Lachine
Le quartier des tanneries a connu un déclin au XIXe siècle, à mesure que Montréal s'industrialisait. Les petites tanneries artisanales situées le long de la rivière Saint-Pierre ne pouvaient rivaliser avec la nouvelle production à l'échelle industrielle. Les tanneries se sont donc déplacées vers des sites industriels plus vastes le long du fleuve Saint-Laurent et dans d'autres zones mieux adaptées à la production industrielle.
Au cours de cette période, de nombreux bâtiments, fosses de tannerie et cottages sont restés dispersés le long de la rivière Saint-Pierre. Cependant, en 1821, lorsque le développement du canal de Lachine a commencé, la population de Saint-Henri a commencé à croître à mesure que des ouvriers venaient travailler sur le canal. En 1825, le recensement enregistrait 470 habitants dans le village, dont 147 ouvriers.

Pendant plusieurs décennies, le quartier a existé entre deux mondes. Il était à la fois un village rural et un corridor industriel le long du canal. Cependant, en 1848, le canal a été élargi. Cela a permis de libérer l’énergie hydraulique pour les moulins et les usines situés le long de ses rives. Au cours des 30 années suivantes, la population est passée de 470 à 6 400 habitants. Cela représente un taux de croissance de plus de 1 200 %. Tous ces nouveaux résidents étaient des ouvriers employés dans les usines situées au bord du canal et dans les métiers du transport, qui caractérisaient l’économie en pleine industrialisation de Saint-Henri.
Entre 1881 et 1901, la population de Saint-Henri a plus que triplé, passant de 6 400 à 21 000 habitants. Cette croissance était, pour l’essentiel, due à l’arrivée d’un nombre croissant d’usines : la Merchant Manufacturing Company (qui devint Dominion Textile), la Williams Sewing Machine Factory, la filature de soie Belding Paul, et bien d’autres encore. Ces entreprises ont construit des bâtiments qui sont encore visibles aujourd’hui. Par exemple, l’ancien bâtiment de la Merchants Textile Mill est désormais le Château Saint-Ambroise, un espace de bureaux pour les petites entreprises et un lieu d’événements.

Des travailleurs venus de tout le Québec et d’ailleurs se sont installés à Saint-Henri, attirés par la promesse d’un emploi stable dans les usines. Les promoteurs immobiliers ont répondu à l’expansion démographique en construisant des rangées denses de logements bon marché à ossature bois à proximité des usines. Ceux-ci offraient des logements à bas prix aux ouvriers d’usine qui s’installaient à Saint-Henri.

Dans des rues comme Beaudoin, Saint-Ferdinand, Delinelle et Turgeon, on peut encore voir ces maisons en bois de la fin du XIXe siècle cachées derrière de fines façades en brique. Elles comptent parmi les vestiges architecturaux les plus marquants des origines ouvrières de Saint-Henri.

En 1901, Saint-Henri comptait l’une des plus fortes concentrations d’emplois industriels au Québec. Le quartier était également lourdement endetté et incapable de financer des infrastructures modernes pour sa population industrielle en pleine expansion.
À cette époque, Montréal était déjà en pleine expansion. La ville offrait de meilleurs services publics, des infrastructures plus développées et une plus grande stabilité financière grâce à une assiette fiscale plus large. C'est ainsi que Saint-Henri a été intégré à la ville de Montréal en 1905. Plus tard, lors de la vague de rénovation urbaine des années 1960, le quartier de Saint-Henri a été divisé par les urbanistes, donnant naissance au quartier de la Petite-Bourgogne. En 2002, Saint-Henri et Little Burgundy ont tous deux été intégrés à l'arrondissement moderne du Sud-Ouest.
À quoi ressemble la vie à Saint-Henri aujourd'hui ?
Aujourd'hui, Saint-Henri a l'aspect et l'atmosphère d'une ville en mosaïque.
En descendant la rue Notre-Dame, on trouve un triplex en briques des années 1920 à côté d’un immeuble en copropriété moderne. Ou encore le canal de Lachine, datant de 1825, qui longe une usine des années 1950 aujourd’hui réaménagée en bureaux pour les travailleurs créatifs et technologiques d’aujourd’hui. Cette superposition visible de différentes époques contribue grandement au charme unique de Saint-Henri.

La dernière vague de changement à Saint-Henri est l’arrivée de la gentrification. De jeunes professionnels se sont installés dans le quartier pour sa proximité avec le centre-ville, ses rues piétonnes et son esprit communautaire. Leur arrivée a fait grimper les prix de l’immobilier et alimenté une vague de réaménagement. Le long du canal notamment, des projets de copropriétés de moyenne et grande hauteur se dressent désormais là où se trouvaient autrefois de vieux bâtiments industriels.

L'architecture et l'aménagement de Saint-Henri créent une atmosphère de quartier ouvrier du XIXe siècle. Les rues étroites, les petits appartements, les triplex en brique et les rangées de boutiques et de cafés de quartier. Tout cela encourage la vie quotidienne à se dérouler sur les trottoirs. En été, vous verrez des gens assis sur le perron de leur maison, discutant avec leurs voisins et utilisant les parcs et les sentiers du canal comme une extension de leur espace de vie. Tout au long de l'année, vous verrez des gens se rendre à pied dans les cafés, restaurants et bars du quartier. C'est exactement ainsi que fonctionnaient les communautés ouvrières ici il y a un siècle.

Bien sûr, la plupart des habitants d’aujourd’hui ne vivent pas du tout comme les ouvriers d’usine qui peuplaient autrefois le quartier. Mais le cadre physique continue de façonner l’ambiance des lieux. C’est très différent des quartiers traditionnellement aisés comme Westmount, au nord, où les propriétés sont nettement plus grandes et plus espacées.
Saint-Henri est également idéalement situé pour tous ceux qui aiment le plein air. À vélo, vous pouvez longer le canal de Lachine sur toute sa longueur, en passant devant des parcs, des espaces verts et des terrasses de café. Le quartier compte également plusieurs parcs locaux, ainsi qu’une piscine extérieure et des aires de jeux aquatiques qui s’animent pendant les mois d’été.

Tout cela fait de Saint-Henri un lieu naturellement propice à la marche et aux activités de plein air. Cela renforce l’ambiance populaire du quartier et contribue à créer un fort sentiment de communauté. Le genre d’endroit où l’on croise ses voisins et où l’on connaît les gens de son pâté de maisons.
Enfin, 25,6 % des logements occupés à Saint-Henri (données de 2014) étaient des logements sociaux ou communautaires. Ces propriétés sont concentrées autour de Delinelle, Sainte-Marguerite, Saint-Jacques, du quartier près de la station Lionel-Groulx et des anciens blocs industriels. Cela crée une mixité sociale et de revenus. Cela peut aussi donner l’impression que le quartier est un peu plus rude. Cependant, le quartier est toujours considéré comme sûr par les habitants, et il convient de rappeler que bon nombre de ces personnes vivent ici depuis plus longtemps que celles qui sont arrivées avec la nouvelle vague de gentrification et qu’elles sont profondément attachées à leur communauté.
Données démographiques de Saint-Henri
Au cours des deux dernières décennies, le profil démographique de Saint-Henri a évolué d’une manière qui reflète la gentrification.
Selon le recensement de 2021, la population s'élevait à 5 813 habitants, soit une hausse de 3,6 % depuis 2016.La proportion d’adultes âgés de 25 à 64 ans titulaires d’un baccalauréat ou d’un diplôme supérieur est toutefois restée relativement faible, à 15,4 %, comparativement à la moyenne provinciale de 29,5 %. Ces statistiques montrent une population en hausse, mais un niveau de scolarité encore modeste. Cela suggère un quartier en transition.
De plus, Saint-Henri présente une concentration inhabituellement élevée de jeunes adultes âgés de 25 à 34 ans (27,1 %), bien supérieure à la moyenne montréalaise (17 %), et près de la moitié de tous les ménages (48 %) sont des ménages d’une seule personne. Les couples sans enfants représentent environ 49 % de l’ensemble des familles, ce qui signifie que le quartier est dominé par de jeunes célibataires et des couples sans enfants. Il s’agit là d’une caractéristique démographique typique d’une gentrification naissante.
Les tendances en matière de revenus vont dans le même sens. Les données sur les revenus d'emploi montrent un nombre croissant de résidents gagnant plus de 60 000 $, tandis que la part des travailleurs gagnant entre 20 000 $ et 59 999 $ est en baisse. Si l'on ajoute à cela les tendances immobilières et en matière de logement, où les maisons à ossature bois de l'époque ouvrière sont rénovées, les anciennes usines transformées en lofts et des commodités branchées apparaissent sur la rue Notre-Dame, on peut clairement voir la transformation.
Saint-Henri est en train de passer d’un quartier industriel historique de classe ouvrière à un quartier mixte où la population à revenu moyen est de plus en plus nombreuse.
Se rendre à Saint-Henri
Dans cette section, nous examinons à quoi ressemble la vie quotidienne à Saint-Henri en nous appuyant sur les trois principaux modes de déplacement :
Voiture
Conduire à Saint-Henri peut être une expérience mitigée selon l'endroit où vous habitez exactement. Les rues proches du canal de Lachine, de la rue Notre-Dame et du marché Atwater sont très fréquentées aux heures de pointe, tant par les piétons que par les voitures. Mais les rues résidentielles intérieures sont plus calmes et plus faciles à parcourir. La plupart des maisons sont d'anciens duplex et triplex avec des ruelles, et vous trouverez un nombre raisonnable de places de stationnement dans la rue (bien que des restrictions hivernales s'appliquent).
Saint-Henri est bien desservi par le réseau routier. Comme il se trouve juste à l'ouest du centre-ville et directement au sud de l'autoroute Ville-Marie, vous pouvez rejoindre rapidement les principaux axes routiers, notamment :
- L'autoroute 20 (en direction de l'Ouest-de-l'Île, de Dorval et de l'aéroport)
- L'autoroute 720 / la route 136 (autoroute Ville-Marie vers le centre-ville)
- Avenue Atwater / Rue Guy (accès direct nord-sud vers Westmount et le centre-ville)
- Rue Notre-Dame (axe est-ouest traversant le Sud-Ouest)
Depuis Saint-Henri, vous pouvez vous rendre en voiture à Westmount, Little Burgundy, Pointe-Saint-Charles, Verdun, NDG et au centre-ville en quelques minutes. L'accès à Communauto est également facile, et de nombreux résidents l'utilisent plutôt que de posséder un véhicule.
Transports en commun (métro et bus)
Saint-Henri dispose d'un excellent réseau de transports en commun, ce qui est l'une des principales raisons pour lesquelles le quartier attire tant de jeunes professionnels.
Le quartier s'articule autour de la station de métro Saint-Henri (ligne orange), la plupart des logements étant situés à 5 à 15 minutes à pied. Pour de nombreux résidents vivant près du marché Atwater ou plus près de Little Burgundy, l'échangeur Lionel-Groulx est également facilement accessible. C'est un atout majeur, car il relie la ligne orange et la ligne verte, vous emmène directement à la gare centrale de Montréal pour vos déplacements nationaux et propose des bus directs vers l'aéroport via la ligne 747.
Dans tout le quartier, des lignes de bus fréquentes circulent le long des rues Notre-Dame, Atwater et Saint-Jacques, offrant des liaisons rapides vers :
- du centre-ville
- Westmount
- Verdun
- Little Burgundy / Griffintown
- Marché Atwater
- Super-hôpital du CUSM (Glen)
Le réseau de transports en commun est plus dense qu'à Pointe-Saint-Charles et souvent plus rapide que la voiture aux heures de pointe, car le métro est tout proche et circule fréquemment.
Vélo
Saint-Henri est l’un des quartiers les plus adaptés au vélo de Montréal, surtout si vous habitez près du canal de Lachine.
La piste cyclable du canal de Lachine longe toute la limite sud du quartier, offrant un itinéraire sûr et sans voiture vers :
- du marché Atwater (2 à 5 minutes)
- Little Burgundy / Griffintown (5 à 10 minutes)
- Vieux-Port (10 à 15 minutes)
- LaSalle / Verdun (15 à 20 minutes)
À Saint-Henri même, le vélo est pratique pour les courses quotidiennes, car le quartier est plat, compact et regorge de stations BIXI. C'est particulièrement le cas autour du métro, des parcs, du marché et de la rue Notre-Dame. De nombreux habitants choisissent de se déplacer à vélo la plupart de l'année, car c'est souvent plus rapide qu'en voiture et cela permet d'éviter les embouteillages qui s'accumulent près d'Atwater et du marché.
Dans l'ensemble, Saint-Henri offre l'une des expériences de déplacement les plus équilibrées et polyvalentes du sud-ouest. Que vous conduisiez, preniez le métro ou fassiez du vélo le long du canal, les déplacements sont rapides, pratiques et bien reliés au reste de la ville.
Saint-Henri est-il un quartier sûr ?
Selon les données du SPVM pour le poste de police 15, qui couvre Saint-Henri ainsi que quelques quartiers voisins, le secteur a enregistré environ 42 crimes pour 1 000 habitants en 2021, soit environ 14 % de plus que la moyenne montréalaise. Les crimes contre les personnes étaient également légèrement supérieurs à la moyenne. Parallèlement, la criminalité globale dans le secteur a baissé de près de 20 % au cours de la dernière décennie.
Concrètement, Saint-Henri donne l’impression d’être un quartier typique du centre-ville de Montréal. Il est généralement sûr pour la vie quotidienne, mais l’ambiance y est un peu plus rude autour des stations de métro et des anciennes zones industrielles que dans les quartiers entièrement gentrifiés comme Griffintown ou le quartier verdoyant et huppé de Westmount.
À mon avis, et sans données concrètes pour l'étayer, j'ai trouvé la zone autour du parc Victor-Rousselot particulièrement dangereuse. Cette zone abrite un refuge pour les sans-abri et un site de consommation supervisée de drogues. On y trouve donc des seringues par terre et de nombreux sans-abri occupant les bancs du parc. À quelques pas de là se trouve la station de métro Lionel-Groulx, qui semble également assez dangereuse, surtout la nuit.

Comment sont les écoles à Saint-Henri ?
Saint-Henri compte trois écoles primaires francophones (l'École primaire Victor-Rousselot, l'École primaire Ludger-Duvernay et l'École primaire Saint-Zotique) et une école secondaire (l'École secondaire Saint-Henri), toutes accessibles à pied pour les familles qui vivent dans le quartier. Il n'y a pas d'écoles anglophones dans le quartier, mais plusieurs écoles anglophones et privées situées à proximité, à Westmount, Petite-Bourgogne et Pointe-Saint-Charles, accueillent les élèves locaux admissibles à l'enseignement en français en vertu de la Loi 101 du Québec.
Loi 101
une école publique anglophone que si :- l'un de leurs parents a suivi la majeure partie de sa scolarité en anglais au Canada et –
ce parent est citoyen canadien,
– ou si l'enfant a déjà un frère ou une sœur ayant fréquenté une école publique anglophone au Canada.
À Saint-Henri, les écoles publiques locales sont confrontées à des défis importants. Par exemple, l'École secondaire Saint-Henri a obtenu une note de 4,0 sur 10 au classement provincial de 2024, ce qui la place parmi les écoles les moins performantes du Québec. Au niveau primaire, des écoles comme l'École primaire Victor-Rousselot et l'École primaire Saint-Zotique desservent des communautés présentant des besoins socio-économiques plus élevés (indices d'environ 40 et 30 respectivement). Cela s'accompagne souvent d'obstacles supplémentaires en matière d'éducation. Pour les familles, cela signifie qu'il peut être judicieux d'examiner attentivement les programmes proposés, les services de soutien et les ressources disponibles pour les élèves et les enseignants si vous accordez la priorité aux résultats scolaires.
À quoi ressemble le marché immobilier de Saint-Henri ? (4e trimestre 2025)
Le tableau ci-dessous présente les prix estimés de l'immobilier à Saint-Henri pour le quatrième trimestre 2025.
| Type de bien | Fourchette de prix typique à Saint-Henri (4e trimestre 2025, est.) |
|---|---|
| Appartement 1 chambre | 400 000 $ – 460 000 $ |
| Appartement de 4 chambres (3 à 4 chambres) | 700 000 $ – 850 000 $+ |
| Duplex | 800 000 $ – 1 000 000 $ |
| Triplex | 1 100 000 $ – 1 300 000 $+ |
| Maison de ville | 650 000 $ – 750 000 $ |
Conclusion
J’ai habité près de Saint-Henri et, pendant trois ans, je me suis rendu à pied dans le quartier presque tous les jours pour aller à la salle de sport. Ce qui m’a toujours frappé, c’est l’ampleur des travaux de rénovation en cours. De nouveaux trottoirs le long de Notre-Dame, des devantures rénovées, beaucoup de briques neuves sur des bâtiments qui avaient clairement traversé plusieurs époques. Mais tout aussi souvent, on a l’impression qu’il y a beaucoup de vides dans le quartier. Des tronçons déserts où tout s’est soudainement tu pendant quelques pâtés de maisons, beaucoup de bâtiments abandonnés et de commerces fermés, rendus obsolètes par la vague montante de la gentrification.
Pour moi, c’est là le véritable visage de Saint-Henri. C’est un lieu en constante évolution, et contrairement à certains quartiers où la transformation semble cohérente, ici, elle se fait de manière beaucoup plus fragmentée. Ce n’est pas comme à Pointe-Saint-Charles, où un fort sentiment d’enracinement collectif des familles, de la communauté et d’une histoire partagée assure la cohésion du lieu. Saint-Henri ressemble davantage à un quartier en deux parties, vivant côte à côte. Il y a une tension visible entre l’ancien et le nouveau, entre ce qu’était le quartier et ce qu’il est en train de devenir, et cette tension est presque inscrite dans les rues.
Mais c’est aussi ce qui donne son caractère à Saint-Henri. Il a toujours été façonné par la lutte, la réinvention et les tiraillements de la croissance. Il ne présente pas une seule identité, mais en porte plusieurs à la fois. Et c’est précisément ce côté inachevé et en constante évolution qui le rend si fascinant. Il est authentique. Il est brut. Et c’est un quartier qui raconte à la fois l’histoire passée et l’avenir de Montréal.